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vendredi 14 décembre 2018
Ce qu'il faut savoir au préalable pour étudier les libellules

Libellules exuvies larves
Recommandations générales

 

Reconnaissance des espèces

Pour les débutants et les personnes encore peu familiarisées avec les Odonates, l’identification des imagos est assez délicate et nécessite, dans la grande majorité des cas, une capture, au moins temporaire sur le terrain, permettant d'examiner les critères spécifiques. Pour certaines espèces ou certains groupes, le prélèvement s'impose quelquefois de par la nécessité d’examiner certains caractères diagnostiques fins (ce qui n’entraîne pas forcément une mise en collection).

Pour les « spécialistes » (personnes ayant acquis plusieurs années d’expérience), les adultes matures d’une majorité d’espèces peuvent être identifiés in situ (environ 80% des mâles) mais quelques taxons présentant des variations intraspécifiques importantes et les femelles en général, restent plus difficiles à reconnaître et obligent souvent à un examen minutieux des caractères morphologiques (appendices anaux, pièces copulatrices, face supérieure du prothorax, nervation alaire, etc.). Ces difficultés de reconnaissance réclament au minimum l’examen sur le terrain des critères spécifiques à l’aide d’une loupe aplanétique ou parfois la conservation de l’individu pour examen selon les techniques entomologiques. On peut utiliser des jumelles avec mise au point rapprochée pour observer les comportements des imagos. Mais une identification des espèces par ce moyen requiert la plus grande rigueur et doit être réservée aux odonatologues confirmés.

En ce qui concerne les exuvies et les larves, le prélèvement s'impose dans de nombreux cas, car leur identification réclame un examen précis à l'aide de matériel optique et de documents scientifiques adéquats. A ce sujet, il faut noter l’intérêt de l’exuvie du fait que son prélèvement n’affecte aucunement les populations et que sa présence indique un développement complet de l’espèce dans le milieu.

La photographie constitue une technique complémentaire indispensable pour fixer les couleurs, les comportements, les attitudes ; elle permet en outre la validation de l’identification lorsque qu’un spécimen douteux n’est pas conservé (dans ce dernier cas, il est important que les critères de reconnaissance soient bien visibles) A noter également que les guides et autres ouvrages spécialisés sur les Odonates (adultes), illustrés par des photographies, ne constituent pas forcément des documents d’identification fiables à 100 %. D’ailleurs, beaucoup d’entre eux complètent les photographies par des croquis de détails (appendices anaux, etc.) nécessitant un examen minutieux du spécimen ...

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Rigueur scientifique

Une espèce s’identifie à 100% et non pas à 85 ou à 90 % ce qui voudrait alors dire que l’on a forcément un doute. Dans ce cas, la donnée en question (1 espèce, 1 lieu précis, 1 date, 1 observateur) ne devra pas être transmise dans le cadre d’une étude ou d’un inventaire. Des prospections particulières devront être menées ensuite pour tenter de préciser de manière rigoureuse le nom de l’espèce en question.

La rigueur scientifique s’acquiert dès le plus jeune âge du naturaliste et n’est pas forcément, au début, une question d’expérience. Du reste, des jeunes, devenus aujourd’hui d’excellents odonatologues, étaient capables de faire la part des choses à 14-15 ans dès lors que l’on leur avait inculqué les éléments de base sur la question.

L’amélioration générale des connaissances et l’existence d’ouvrages d’identification de qualité permet aujourd’hui de reconnaître in situ les mâles de nombreuses espèces aux travers de leurs comportements et de leurs colorations. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue les critères morphologiques « traditionnels » qui restent fort utiles pour pallier diverses situations délicates.

Pour les adultes l’utilisation du filet entomologique et une loupe aplanétique restent donc indispensables pour obtenir un diagnostique fiable surtout, comme il est dit plus haut, lorsque l’on débute.

Pour tout complément d’information sur ces sujets :

- Code déontologique de l’odonatologue

- Réglementations européennes


 Article de Gilles Jacquemin, 2005 (français)Fichier non trouvé
 
Article de Gilles Jacquemin, 2006 (anglais)Fichier non trouvé
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