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vendredi 28 février 2020
Échantillonnage des Odonates

Libellules exuvies larves
Que faut-il échantillonner ?
Même, si pour la majorité des intéressés, c’est l’observation des adultes qui sera essentiellement prise en compte dans le cadre des inventaires et des autres études, il n’est pas inutile de présenter les avantages et les inconvénients des différentes possibilités d’échantillonnage des Odonates.
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Étude des imagos et adultes


Il s’agit de la méthode d’observation des libellules la plus répandue en raison de l’existence d’ouvrages d’identification, du faible nombre d’espèces et de la taille importante de ces insectes qui facilite leur identification.

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Avantages

  • Les imagos et adultes sont généralement identifiables sur le terrain,
  • pour un spécialiste averti, la reconnaissance peut être pratiquée in situ sans captures définitives dans la grande majorité des cas et ne nécessite pas la réalisation d’une collection de référence
  • réclame peu de moyens financiers et matériels


Inconvénients

  • n’apporte pas toujours la preuve du caractère autochtone de l’espèce dans l’habitat notamment pour les Anisoptères très mobiles.
  • n’apporte qu’une information simple, pas forcément représentative du spectre odonatologique de l’habitat (aspect qualitatif) et n’est pas pertinent pour obtenir une estimation de la productivité odonatologique de l’habitat de développement larvaire (aspect quantitatif)
  • pour diverses raisons, certaines espèces passent inaperçues lors des contrôles
  • les résultats des relevés sont liés fortement aux conditions climatiques locales du moment
  • certains groupes, de reconnaissance délicate, réclament une attention particulière ou une identification à l’échelle de la population.


Les conseils du spécialiste

  • Si l’on ne s’en tient qu’aux imagos, il est alors indispensable d’augmenter notablement le nombre d’années d’observation pour obtenir une vision réaliste du spectre odonatologique de la zone étudiée (aspect faunistique uniquement).
  • En fonction des compétences acquises, l’identification doit être toujours menée en fonction des recommandations des auteurs des guides utilisés et nécessite de suivre quelques principes simples, à savoir :
    • l’inexpérience des débutants réclame un apprentissage préalable et personnel durant lequel la capture temporaire et l’observation minutieuse des spécimens sont vivement recommandées. L’utilisation des clés dichotomiques des guides et des faunes est alors indispensable.
    • Si l’odonatologue identifie certaines espèces à vue ou à la jumelle. Il doit alors être très prudent dans ses identifications et ne retenir que celles dont il est absolument certain. Quelques conseils :
      • prudence vis à vis des critères de coloration in situ
      • grande prudence vis à vis des individus femelles
      • dans certains cas, identification à l’échelle de la population (contrôles multiples) est indispensable.
  • pour les spécimens pour lesquels il pourra y avoir un doute (s’ils sont capturés) : trois solutions s’offrent à lui selon sa propre sensibilité naturaliste :
    • relâcher l’animal et ne pas utiliser cette observation
    • photographier le spécimen de face (tête), latéralement et la face supérieure de l’abdomen et transmettre à une personne aux compétences reconnues en lui indiquant la date, le lieu et les caractéristiques générales de l’habitat.
    • conserver l’exemplaire et le transmettre à une personne aux compétences reconnues avec les informations liées à l’observation (lieu, date…).

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Étude des exuvies


L’une des particularités de ces insectes est d’abandonner lors de l’émergence une dépouille larvaire qui pourra ensuite être identifiée.

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Avantages

  • apporte la preuve du caractère autochtone de l’espèce dans l’habitat,
  • apporte une image de l’importance des populations larvaires bien plus fiable que le comptage des mâles présents dans le milieu (si l’échantillonnage est possible et si le choix des secteurs de récolte est pertinent), 
  • met en évidence la présence de certaines espèces discrètes, difficilement détectables à l’état imaginal,
  • permet un prélèvement sans nuisances pour les populations,
  • peut être pratiqué (récolte) par des non-spécialistes n’ayant qu’une simple formation in situ dans l’objectif de montrer ce qu’il faut rechercher et faire,
  • Il existe maintenant des ouvrages scientifiques permettant l’identification des exuvies au niveau spécifique et d’assurer également la détermination du sexe,
  • permet un contrôle ultérieur en cas de doute (vérification des identifications par un tiers),
  • peut être pratiqué lors de conditions climatiques médiocres (défavorables à l’activité des imagos).


Inconvénients

  • il s’agit d’un travail long, fastidieux et pénible qu’il faut pratiquer dans la mesure du possible avec un effectif minimal de deux « récolteurs »,
  • pour l’identification, il nécessite souvent l’utilisation d’une loupe binoculaire et de quelques instruments simples de laboratoire,
  • pour certains genres de Zygoptères et même d’Anisoptères, il existe parfois des difficultés d’identification,
  • le piétinement des berges peut être néfaste à certains habitats,
  • n’est possible que dans certains types d’habitats en raison de l’exubérance trop importante de la végétation hygrophile et terrestre présente qui ne permet plus de trouver dans un laps de temps acceptable suffisamment d’exuvies.

Les conseils du spécialiste

  • l’expertise préliminaire est indispensable pour déterminer la faisabilité de la prise en compte des exuvies et délimiter les secteurs propices aux échantillonnages,
  • Lorsque cela est possible, l’utilisation d’une embarcation est vivement recommandée au moins pour trois raisons :
    • On évite le piétinement des berges qui pose problème dans certains types d’habitats, surtout lorsqu’il s’agit d’échantillonnages réguliers (végétaux fragiles, flore rare…)
    •  On observe la berge du coté de l’eau, ce qui facilite considérablement le repérage des exuvies, bien mieux visibles en général.
    • On travaille souvent assis, ce qui évite une certaine fatigue et permet une plus grande attention pour le repérage (important lors des échantillonnages systématiques de secteurs délimités).
  • La réalisation d’une collection de référence est souhaitable à plus d’un titre,
  • La récolte des larves et leur élevage jusqu’à l’émergence peut constituer dans certains cas un palliatif à l’identification délicate des exuvies de certains groupes (Zygoptères par exemple).
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Étude des larves


Au sein des chaînes trophiques des habitats aquatiques, les larves d’Odonates constituent l’un des maillons. Leur abondance qualitative et quantitative révèle d’une certaine manière la « productivité odonatologique » du site.

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Avantages

  • apporte la preuve du caractère autochtone de l’espèce dans l’habitat,
  • apporte une image de l’importance des populations larvaires (si l’échantillonnage est standardisé et si le choix des secteurs d’échantillonnage est pertinent),
  • met en évidence la présence de certaines espèces discrètes, difficilement détectables à l’état imaginal,
  • permet un contrôle ultérieur, car les échantillons sont généralement conservés en alcool à 70° (les comparaisons et les vérifications des identifications par un tiers sont alors possible),
  • peut être pratiqué lors de conditions climatiques variées (sauf gel évidemment),
  • l’élevage des larves peut être un palliatif pour obtenir une identification fiable des espèces présentes et résoudre le problème des jeunes stades difficilement reconnaissables,
  • le prélèvement des larves d’Odonates permet en outre d’avoir une vision des autres invertébrés aquatiques présents  dans le milieu ce qui permet éventuellement de transmettre des spécimens aux spécialistes concernés.

Inconvénients

  • doit être réalisé avec prudence et modération afin de limiter au minimum le piétinement et le bouleversement des zones aquatiques d’échantillonnages. De même, il faut éviter de perturber ou d’effrayer les animaux présents (oiseaux notamment),
  • réclame davantage de temps si l’on englobe l’identification et/ou l’élevage en salle (« laboratoire », cabinet de travail…), mais, en général, moins de temps sur le terrain par rapport aux autres techniques,
  • nécessite des outils d’échantillonnage adaptés au milieu, du matériels (loupe binoculaire indispensable et petits outils) et des produits destinés à l’identification des larves et à leur conservation,
  • les larves sont présentes sous la forme de différents stades, de la larve néonate à celle qui sera arrivée à son dernier stade. Les critères d’identification indiqués dans les ouvrages ne sont fiables, dans la grande majorité des cas, que pour celles qui ont atteint le dernier stade ou à l’avant-dernier stade,
  • comme pour l’étude des exuvies, l’identification requiert des techniques typiquement entomologiques qui, dans le cas présent, n’intéresseront pas en général les naturalistes en raison du prélèvement et des difficultés d’identifications.

Les conseils du spécialiste

  • La récolte des larves et leur élevage jusqu’à l’émergence constitue dans de nombreux cas un palliatif à l’identification délicate des larves en alcool 70° (Zygoptères par exemple), et permet de relâcher ensuite les immatures (dans les lieux de prélèvements ou à proximité),
  • L’utilisation de systèmes de prélèvements appropriés permet de réduire considérablement les nuisances sur le milieu.
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Un mot sur les pontes

Les femelles d’Odonates présentent deux types de pontes : endophytes, c’est-à-dire insérées dans les tiges des végétaux vivants ou en voie de dépérissement et exophytes, c’est-à-dire non insérées dans les plantes mais lâchées sur la surface de l’eau ou sur les sols exondés. Bien sûr, chaque espèce paraît avoir un type de ponte et des œufs caractéristiques. Mais il est bien évident que leur emploi est utopique dans la quasi-totalité des cas pour caractériser la faune odonatologique d’un habitat aquatique. Pourtant, au moins deux espèces présentent une particularité sur ce plan qui permet une reconnaissance :

La première, un Zygoptère, est très commune dans tout le pays, il s’agit de Chalcolestes viridis. Cette espèce pond dans l’écorce des branches de salix (saules) surplombant l’eau (et de nombreux autres végétaux ligneux ou non).

La seconde, un Anisoptère, est localisée dans notre pays dans le Centre et l’est mais il peut présenter localement d’importantes populations. Il s’agit d’Epitheca bimaculata dont la ponte se présente sous la forme d’un cordon de gelée renfermant les œufs.

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Pour simplifier

L’identification des adultes et l’observation de leurs attitudes et comportements restent et resteront indispensables dans la quasi-totalité des cas pour évaluer la faune odonatologique des habitats aquatiques. L’échantillonnage des exuvies, peut se révéler indispensable dans certaines situations par l’apport scientifique qu’il procure. Les larves enfin, resteront sans doute l’apanage des équipes de recherches françaises et étrangères (équipes universitaires, associations spécialisées, hydrobiologistes, etc.).

Le tableau schématique ci-joint présente les diverses possibilités d'échantillonnage en fonction des grands types d’habitats.
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Important !

Même si l’on ne fait pas d’échantillonnage d’exuvies, toute exuvie observée doit être récoltée (aspect faunistique) et transmise à une personne compétente ou à la Sfonat qui pourra en assurer l’exploitation scientifique.

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