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vendredi 14 décembre 2018
Histoire

Libellules exuvies larves
Histoire de la Société française d'Odonatologie

(ou conséquences d’un inventaire des libellules de France...)

L'origine de la Société française d’Odonatologie remonte bien avant sa création officielle en 1991. C’est en 1982, lors d'une rencontre entre François de Beaufort, Hervé Maurin du Secrétariat de la Faune et de la Flore (Muséum National d’Histoire Naturelle, MNHN) et un jeune entomologiste de l’Inra, que fut amorcé le processus qui mena à la création de cette association. Ce dernier réalisait à l'époque un guide des libellules d’Europe aux Éditions Delachaux et Niestlé avec Jacques d'Aguilar. La réalisation de ce guide le contraignit, d'une certaine manière, à se spécialiser sur cet ordre d'insectes. Dès lors, il fut fréquemment sollicité par différents interlocuteurs privés ou publics. C’est ainsi que suite à cette suggestion du Service du Patrimoine naturel que l'idée d'un inventaire cartographique national permettant de faire le bilan actuel de notre patrimoine odonatologique, fit son chemin…
Cet inventaire fut mis en place en 1982 et un premier protocole élaboré. Cependant, il fallait en premier lieu mettre en place un réseau d'observateurs et donner à ces derniers les moyens documentaires nécessaires à l'identification des espèces.
Pour ce faire, il était important de créer un organe d'information pour stimuler et renseigner les membres du réseau. En 1985, la publication du Guide des Libellules d'Europe contribua semble-t-il, de manière déterminante à la sensibilisation des naturalistes pour ce groupe. Cette même année paraissait le premier fascicule du bulletin Martinia, dédié à l’illustre odonatologue René Martin (1846-1925). Il fut ainsi le premier organe d'information sur les libellules de France et permit d'organiser et de dynamiser l’inventaire national en cours.
En 1987, était publié par le Service du Patrimoine Naturel, l'Étude Faunistique et Bibliographique des Odonates de France. Ce travail réunissait les informations existantes sur le statut et la répartition des espèces. Il proposait en outre une synthèse bibliographique des travaux réalisés (800 titres) liée à un index thématique permettant une vision départementale du travail réalisé par nos prédécesseurs. Cette étude faunistique, rééditée en 1995, est aujourd’hui disponible sur ce site en format pdf.
Les diverses difficultés liées à la réalisation de l'inventaire et le fait que nous étions sollicités régulièrement sur de nombreux sujets sans rapport direct avec cette étude, fit naître peu à peu l'idée de création d'une structure adaptée et apte à répondre à nos différents besoins sur les libellules de France. L'organisation des « Premières rencontres odonatologiques de France » à Bonnevaux (Doubs) les 4, 5 et 6 août 1990, fut décisive pour l'avenir de cet inventaire et, d'une manière plus générale, pour le développement de l'odonatologie française. C’est en effet lors de cette manifestation que fut décidée la création de la Société française d'Odonatologie. Moins d'un an après, à la suite de la réalisation et du dépôt des statuts, la SfO fut officiellement créée lors de l'Assemblée générale constitutive le 6 avril 1991 à Bois-d’Arcy. La revue Martinia devint alors l'organe scientifique de l'association ; elle fut complétée en 1994 par la Lettre des Sociétaires, destinée à la diffusion des informations auprès de ses membres. Dès lors, les diverses possibilités offertes par la création de cette nouvelle structure ont permis une diversification des activités et des publications comme le prouvent les différentes rubiques de ce site Internet. Elle a permis également, de mener à bien jusqu’en 2004 l'inventaire cartographique des Odonates de France amorcé 22 années auparavant. Il s’agit du plus important inventaire cartographique pour l’entomologie française par le nombre de données réunies (environ 215 000) à l'aide d'un réseau de plus de 1200 observateurs bénévoles.
 
Ainsi, les conséquences provoquées par la réalisation de l’inventaire cartographique des Odonates de France étaient difficilement prévisibles en 1982, mais nos belles libellules et fragiles demoiselles, si menacées aujourd'hui, ne méritent elles pas quelques égards de notre part ?

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